CAHIERS DE L'ECHINOX

CAIETELE ECHINOX. VOLUME 25 / 2013
TOPOGRAPHIES DU MAL (II). LES ANTIUTOPIES

Coordinateur: Corin Braga

carte
ISSN 1582-960X (Roumanie)
ISBN 978-2-36424-237-1
Anul apariției: 2013
Format: B5
Nr. pagini: 338

De même que l’archétype du lieu idéal a engendré plusieurs avatars culturels (Paradis, jardin d’Éden, Âge d’Or, Champs Élysées, Îles des Bienheureux), le contre-type du lieu infernal a généré à son tour maints topoï comme le Ekur mésopotamien, le Shéol, le Hadès, le Tartare, l’Enfer, etc. Aussi bien, le complément humain de ces lieux surnaturels, l’utopie ou la cité de l’homme, a donné naissance à des contestations parfois véhémentes, aux antiutopies, cités de terreur et de cauchemar. Apocalypses, endroits eschatologiques, contrées et cités infernales, témoignent d’une fantaisie anxieuse, spécifique de notre culture ou peut-être de la condition humaine elle-même. On dirait que l’angoisse de la souffrance et de la mort jouit de la représentation imagée de ses frayeurs, pour les apaiser et pour les prendre sous contrôle.
Ces imaginaires du mal, dans toute leur richesse et diversité, ont fait le thème d’un Congrès international organisé les 4-6 octobre 2012 par Phantasma, le Centre de Recherches sur l’Imaginaire de la Faculté des Lettres de l’Université Babeş-Bolyai de Cluj, Roumanie. Le colloque s’insère dans un programme de recherche financé par CNCS (le Conseil National pour la Recherche Scientifique de Roumanie), Exploratory Research Project PN-II-ID-PCE-2011-3-0061, ayant pour titre « Antiutopias. Making and Unmaking the Reality – Assessing Possible Worlds ». Les actes du congrès ont été publiés dans deux numéros successifs des Cahiers Echinox : le premier volume a réuni les travaux portant sur les topographies infernales, alors que le volume présent est dédié aux topographies anti-utopiques.
Au congrès ont participé des spécialistes en littératures, en littérature comparée, classicistes, médiévistes, historiens des religions, philosophes, venus de plusieurs pays du monde: France, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Pologne, Afrique du Sud, Taiwan, Corée, Mexique, Brésil, Argentine et Roumanie. La rencontre a été aussi l’occasion d’une assemblée générale des Centres de Recherches sur l’Imaginaire. Au cours de la rencontre, un comité d’initiative, formé par Jean-Jacques Wunenburger, Philippe Walter et Corin Braga, a proposé la refondation du réseau CRI, sous le nom Centres de Recherches Internationales sur l’Imaginaire (CRI2i), fédéralisant l’activité des centres et des groupes de partout le monde et organisant un congrès annuel itinérant, tenu successivement en Europe de l’Ouest, de l’Est, en Asie, aux Amériques, en Afrique.

Sommaire

Antiutopies classiques

Hugo Francisco Bauzá, La katábasis classique et sa projection dans la littérature argentine [9-20]
Philippe Walter, La tour d’Agriano. Une anti-utopie gay dans le roman de Bérinus (XIVe siècle) [21-28]
Carlos F. Clamote Carreto, De la taverne à la foire. Une cartographie du mal au Moyen Âge (XIIe-XIIIe siècles) [29-43]
Corin Braga, Le narrateur en position dystopique [44-52]
Radu Toderici, Satire et anti-utopie au début du XVIIe siècle [53-61]

Antiutopies modernes

Simina Raţiu, The Anti-Utopian Pessimism of the Late Nineteenth and Early Twentieth Century [65-75]
Olga Ştefan, Creating Space in Modern Dystopia. Two Early Approaches [76-82]
Marius Conkan, Dystopian Structures in Alice’s Adventures in Wonderland [83-93]
Niculae Gheran, Horace Newte’s Master Beast: Space, Time and the Consequences of Trespassing against Nature [94-101]
Andrei Simuţ, The End(s) of the Dystopian City: From Metropolis to Gravity’s Rainbow… and back [102-110]
Cécile Folschweiller, Utopie, situation, anti-utopie. Ionesco contre la littérature engagée de Sartre [111-125]
Monica Alina Danci, Eugène Ionesco : L’univers anti-utopique du théâtre de l’absurde [126-138]
Sibusiso Hyacinth Madondo, The Painted Bird: Jerzy Kosinski and the Mythopoetics of Dystopia [139-146]

Antiutopies postmodernes

Catarina Sant’Anna, L’Imaginaire du Mal au théâtre : L’enfer sur Terre dans Le Radeau des Morts, de Harald Mueller [149-162]
Elena Butuşină, Literature as a Deadly Performance Artwork [163-173]
Adriana Teodorescu, And They Died Happily Ever After: The Dystopian Constructions of Language and Death in Richard Brautigan’s Novel In Watermelon Sugar [174-185]
Marian Suciu, Dystopian Worlds in the Writings of Canadian Women of Asian Descent [186-191]
Rodica Gabriela Chira, Hunger Games – enjeu dystopique [192-204]
Claudia-Simona Hulpoi, Unde malum ? Le Matrix gnostique [205-214]

Antiutopies sociales

Paolo Bellini, Evil, Surveillance and Dystopia [217-226]
Iulia Micu, La mort. L’opacité. La clôture. La Métaphysique des ténèbres dans la ville moderne [227-236]
Andrada Fătu-Tutoveanu, “America is Sad”: Images of Crisis and Media Construction of an American Anti-utopia in Early Cold War Communist Propaganda [237-251]
Ruxandra Cesereanu, Political Police in Communist Romania: the Totalitarian Dystopia [252-261]
Adrian Dohotaru, Utopia and Socialism in Romanian Historiography and Exegesis [262-276]
Gabriela Chiciudean, L’imaginaire de l’espace antiutopique chez Swift et Ion Eremia [277-292]
Laurenţiu Malomfălean , L’Enfer du cauchemar. Rêvant d’Hitler à l’âge hypermoderne [293-300]

Book Reviews [301-338]